A la découverte des orgues basaltiques

Dans le frima de juillet, nous voilà au point de RDV. Ici, le temps ne s’est pas arrêté. Un habitant du coin propose, juste à côté, un parking privé à 2 euros la journée, 15 euros la nuitée. A 8h du matin, une armada de voitures frange déjà le bord de la route. Nous optons pour le parking privé.

Et nous abordons le sentier, tels des mousquetaires verts. Nous sommes quatre, bien décidés à vivre l’instant présent, accueillir le meilleur de cette « traversée » pilotée par Suzette.

Le temps prend le sec, sous un ciel de coton. Sous les frondaisons, tout un peuple de sportifs et de promeneurs du dimanche ajustent leurs pas, on a même un handicapé sur chaise à porteur tenu par des gaillards en relais. Tout le charme des balades se retrouve dans les salutations, les plaisanteries échangées, la décontraction, la connexion avec l’autre, que ce soit le minéral, le végétal ou l’animal. C’est un pur bonheur.

Avant d’arriver à la passerelle, nous découvrons le gîte « Ti Mizé », un petit coin charmant pouvant accueillir 6 personnes dans 2 bungalows « root ». Simplicité, cuisine au feu de bois, bonne vibrations… nous sommes conquis.

Plus loin, le douche froide nous accueille sur la passerelle : en bas, la rivière ne serpente plus à son aise. Une piste provisoire de roches et de sable déroule un cordon sévère. Des buses, ici et là, finalisent le massacre. En semaine, un ballet de camions y cheminent pour restaurer le barrage en amont. Le week-end, cet « autoroute » attire une flopée de marcheurs, de vététistes et son lot de dégradations dans les fourrés.

Nous décidons de remonter la piste en direction de l’Arche. Le paysage semble supporter cette verrue en attendant la prochaine avalasse qui redonnera à la rivière son visage d’antan. Nous retrouvons avec bonheur les beaux orgues basaltiques, sentinelles imposants et imperturbables, l’arche, préservée, l’oeil du lieu.

Plus loin, nous découvrons un « glamping » à l’îlet « Canel ». L’accès est du genre acrobatique et sélectif, mais l’endroit vaut le détour. On a vraiment l’impression de se retrancher du monde. Havre de paix, l’endroit incite au repos, au lâcher prise. Endémiques et arbres fruitiers divers composent agréablement un plateau de grande douceur.

Le retour a permis à Patrick de retrouver une vieille connaissance, compagnon de ses premières marches sur l’île. Dans le dernier tiers du sentier, notre rencontre avec Claire, ex-adhérente de Réunisel, nous a donné l’occasion d’échanger assez longuement sur les nouvelles perspectives de l’Association.

Quelle belle journée, riche d’émotions. Notre « pèlerinage » s’achève. Il nous a permis de goûter à de belles sensations, de découvrir des initiatives prometteuses. Merci Suzette pour cette balade-culte pleine de surprises.

Jean Michel et Françoise RANGLA