Que reste-t’il de cette journée conviviale du 23 août 2020 ?

Je ne sais pas encore, j’ai une petite idée. Mais, revoyons le film de la journée…

La marche méditative coachée par Marie-Christine et Bernard (2 groupes de 8 personnes respectueuses des consignes sanitaires en vigueur), a démarré la journée sous un soleil câlin. Nos deux guides ont bien fait les choses et l’historique de la forêt nous a d’emblée mis dans le bain.

J’ai pour ma part, foulé de sable des souvenirs enfouis et retrouvé ma part d’arbres en quête d’oiseaux chanteurs. L’arbre a tant de choses à raconter, à partager…

Avec Bernard, la parenthèse botanique nous a embarqué dans un petit voyage aux confins de l’endémique, de l’indigène ou de l’exotique. Il est rassurant de se réapproprier l’histoire de ces témoins d’une époque où l’on accordait plus de considération à Dame Nature. Dans notre monde en perdition, la vision comptable dénature le vocabulaire et l’assèche. On parle alors de « puits de carbone ». Pas étonnant que mon « réceptif » s’ouvre large lorsque Bernard, dans une belle envolée de bois vert, nous parle de ces Kayas, Tamarins, Porchers, Bois de Judas, Calices du Pape, Veloutiers, et j’en passe… Je suis heureux d’entendre que le Neem, arbre sacré de l’Inde, colonise une grande partie de la forêt. Voilà une bien belle pharmacie à portée de nos besoins !

Mais je parle lecteur et j’allais oublier qu’on avait au retour mis le cap sur le bord de mer en quête de Land Art.

La mer, telle Sisyphe, roule ici ses galets avec l’ardeur des enfants ivres d’énergie. Sculptrice d’exception, elle creuse les veines basaltiques des rochers, nous délivrant des chefs d’œuvres incomparables. J’ai adoré les Cairns, ces multiples intentions (a)dressées à notre attention. J’ai sollicité mon enfant intérieur et laissé une trace éphémère de mon passage. Beaucoup d’entre nous ont cédé à la tentation. La mer n’a pas bronché, j’ai remarqué Jack, assis dans l’attitude du penseur.

Alors il était temps de partir rejoindre Maniron et vivre le troisième épisode de notre journée, au cœur de la palmeraie.

Nos hôtes, Marie-Christine et Bernard, nous accueillent dans leur espace oasis. D’entrée, le repas accapare nombre d’entre nous. Jack joue les chefs d’orchestre. C’est un moment de grande convivialité qui se joue sous la varangue de la kaz kréole. Gel hydroalcoolique et gestes barrières ont rassuré les sélistes présents.

Le Shop-Suey de Jack, le riz Tamari de Jocelyne et tous les à-côtés habituels nous ont reconciliés avec nos estomacs en instance de sustentation.

Ainsi lestés, nous avons abordé joyeusement le troc avant de suivre Bernard pour la visite du jardin. Il parle de son aventure merveilleuse avec ces arbres admirables, sentinelles de la beauté et de la quiétude. Le palmier règne en maître, voisinant avec les espèces les plus communes de nos jardins. Je serais incapable de distinguer un Washingtonia Robusta d’un Phoenix Roebelenii, mais je reconnaîtrais sans coup férir  le talipot, le palmier jupe, le palmier rouge à lèvres ou encore le latanier. j’ai imprimé que le faux tronc du palmier s’appelle stipe Le lieu, conquis de haute lutte sur les épinards et autres cassis (Zakassi), est un havre de paix. Quel travail de longue haleine, quelle persévérance! Je suis admiratif et c’est un euphémisme.

La maison et les dépendances vivent une lune de miel avec la canopée. La douceur de vivre semble avoir trouvé sur ce petit coin de terre une résidence à demeure. Il y aurait tant à dire tellement le lieu fourmille de trouvailles. Mais il estt temps de partir.

Que reste-t ‘il de cette journée conviviale ?

Mon petit doigt me dit ceci : une grande allégresse pour toutes ces émotions ressenties, ces moments de partage, de sérénité, cette petite aventure commune. Une grande reconnaissance aussi pour le couple Martz, leur implication, leur accueil. Merci à Jocelyne, Jack et les Sélistes présents, d’avoir contribué à faire de ce dimanche, une réussite incontestée.

Jean Michel RANGLA